Dent de sagesse: risques opératoires

Toute chirurgie comporte des risques opératoires, plus ou moins importants dépendamment de différents facteurs.
Tout dentiste est tenu de fournir au patient des informations objectives et compréhensives sur ces risques opératoires.

Les risques opératoires associés à l’extraction des 3è molaires

  • Traumatisme du nerf dentaire inférieur

    Ce nerf sensitif est responsable de la sensibilité de la lèvre inférieur et de la langue. Ce risque concerne seulement les extractions des 3è molaires inférieures.
    La radiographie panoramique permet de voir la position de la dent par rapport au nerf. Habituellement, lorsque la 3è molaire est incluse ou en éruption partielle, nous voyons une superposition de la dent et du nerf à la radiographie. Heureusement, il existe un certain espace entre ces 2 structures anatomiques que la radiographie ne peut pas illustrer puisqu’elle ne reproduit pas la 3è dimension.

    Facteur de l’âge
    • Plus le patient est jeune, plus le risque de traumatiser le nerf est faible car la dent sort plus facilement de son alvéole (plus grand espace ligamentaire, racine plus courte, pas de racine courbée).
    • Plus le patient est âgé, plus le risque est grand car il faut enlever plus d’os pour faire sortir la dent.
    La perte de sensibilité

    Le traumatisme de nerf provoque une paresthésie (perte de sensation, l’impression d’être anesthésié). La paresthésie peut être partielle ou totale.

    • Elle est partielle lorsqu’il y a perte de sensation d’une partie de la lèvre ou de la langue.
    • Elle est totale lorsque toute la moitié inférieure du visage a une perte de sensation. La paresthésie peut être temporaire ou permanente.
    • Elle est temporaire lorsque la perte de sensation dure quelques jours à quelques mois.
    • Elle est permanente lorsque la perte de sensation est totale et ne revient pas au bout de six mois.

    Lorsque le nerf n’est que lésé, les fibres se régénèrent avec le temps et les sensations reviennent à la normale.
    Lorsque le nerf est sectionné, il n’est plus capable de se régénérer par lui-même. Heureusement, il existe des techniques opératoires pour qui favorisent cette capacité de régénération du nerf.

    Communiquer avec votre chirurgien dentiste

    Il est essentiel d’informer le dentiste de cette paresthésie, il pourra ainsi prendre les mesures qui favoriseront la régénération.

  • Dent déplacée dans la fosse infra-temporale

    La fosse infra-temporale est un espace anatomique qui se trouve derrière l’arcade zygomatique.
    Ce risque concerne seulement les extractions des dents de sagesses supérieures. Lorsqu’il y a très peu d’os en arrière de la dent, une poussé lors de l’extraction peut faire glisser la dent dans cette fosse.
    Il est préférable de ne pas laisser la dent dans cet espace anatomique.
    Le traitement consiste à prendre une tomographie afin de localiser avec précision la dent, d’attendre environ un mois avant de procéder à l’enlèvement de la dent par un chirurgien spécialiste.

  • Communication entre le sinus et la bouche

    Ce risque concerne seulement les extractions des 3è molaires supérieures.
    Certaines dents avec de longues racines perforent le plancher du sinus. L’extraction de ces dents cause une ouverture entre le sinus et la bouche.
    Dans la plupart des cas, l’ouverture est petite et se referme par elle-même.
    Une prescription de décongestionnant nasal et d’antibiotique est préférable.
    Une ouverture plus grande nécessite une chirurgie dans un temps ultérieur.

  • Infection

    il est important pour le patient de suivre les instructions post opératoires. Mais malgré toutes les précautions de la part du dentiste et du patient, il arrive que l’infection s’installe au site de l’extraction deux à trois jours après la chirurgie.
    Une prise d’antibiotique pendant sept à dix jours résout le problème.

  • Alvéolite

    Deux à trois jours après la chirurgie, une bactérie spécifique cause la dissolution du caillot sanguin de l’alvéole (orifice laissé dans l’os après l’extraction de la dent).
    L’os mis à nu cause de la douleur. L’alvéolite survient le plus souvent après l’extraction de la 3è molaires inférieures.
    Avec ou sans traitement, l’alvéolite se résorbe par elle-même au bout d’une dizaine de jours. Le traitement sert seulement à soulager le patient.